Travailler en maison de retraite, c’est s’engager au service de nos aînés. Un choix de carrière souvent motivé par l’envie de se rendre utile, de redonner du sens à son quotidien professionnel. Mais c’est aussi un secteur exigeant, avec des conditions bien réelles, des horaires particuliers et une forte charge émotionnelle. Voici ce qu’il faut savoir avant de se lancer, que vous soyez en reconversion ou en recherche d’un premier emploi.
En bref
| 🔍 Aspect | 📋 Détails |
|---|---|
| Types de métiers | Aide-soignant, ASH, infirmier, animateur, cuisinier, agent technique |
| Public concerné | Personnes âgées dépendantes ou semi-autonomes |
| Conditions d’accès | Diplôme d’État, formation ou parfois recrutement sans diplôme |
| Horaires | Par roulement, week-ends, nuits et jours fériés compris |
| Rémunération | 1 500 à 2 600 € brut selon le poste et l’expérience |
| Évolution | Référent, encadrement, formateur, cadre de santé |
| Reconversion possible | Oui, secteur en tension, nombreuses passerelles |
Quels sont les métiers en maison de retraite ?
On imagine souvent uniquement les aides-soignants ou les infirmiers. Mais une maison de retraite, c’est toute une équipe qui fait tourner la structure au quotidien :
- Aide-soignant(e) : accompagne les résidents pour la toilette, les repas, les déplacements. C’est le cœur de l’équipe de soins.
- ASH (agent de service hospitalier) : assure la propreté des chambres, aide parfois en salle de restauration, veille à l’hygiène globale.
- Infirmier(ère) : gère les traitements, les soins techniques, surveille les évolutions de santé.
- Animateur(rice) : propose des activités stimulantes, culturelles, ludiques pour maintenir du lien et de la joie.
- Agent technique et cuisinier : préparent les repas, assurent les petites réparations, veillent au confort logistique.
Certaines structures recrutent aussi des psychologues, ergothérapeutes, kinésithérapeutes en collaboration ponctuelle ou salariée.

Une journée type dans une maison de retraite
La journée commence souvent très tôt. L’aide-soignant arrive vers 6h30, enfile sa tenue et rejoint les résidents pour les réveiller, les aider à se laver, à s’habiller. Le rythme est soutenu, surtout quand on doit s’occuper d’une dizaine de personnes le matin.
Les repas sont des moments-clés : préparation, aide à l’alimentation, surveillance des troubles de la déglutition. L’après-midi, les soins continuent : changement de pansements, distribution de médicaments, accompagnement aux toilettes.
Pendant ce temps, l’ASH veille à la propreté, l’animateur propose une activité manuelle ou un chant, le personnel technique répare une serrure défectueuse ou livre un plateau repas.
La fin de journée est marquée par le coucher, les transmissions à l’équipe de nuit. Et tout recommence le lendemain, avec la même rigueur.
Quelles compétences et formations sont nécessaires ?
Pour la plupart des postes, il est indispensable de suivre une formation qualifiante :
- Aide-soignant : DEAS (diplôme d’État d’aide-soignant), accessible sans bac
- Infirmier : formation sur 3 ans en IFSI, avec concours ou Parcoursup
- ASH : pas de diplôme obligatoire, mais des formations courtes en hygiène hospitalière sont un atout
- Animateur : BPJEPS spécialité animation sociale, ou DEJEPS
Des passerelles existent : on peut évoluer d’ASH vers aide-soignant, ou d’aide-soignant vers infirmier grâce à la VAE.

Conditions d’accès et recrutement
De nombreuses maisons de retraite recrutent sans expérience, à condition d’avoir le sens du contact et de la bienveillance. Les profils en reconversion sont recherchés, car ils font preuve de maturité et d’engagement.
Les contrats proposés sont souvent en CDI, en temps plein ou temps partiel, avec des horaires par roulement. Certains EHPAD forment directement leurs salariés via des partenariats avec des centres de formation.
Salaires et évolution de carrière
Le salaire dépend de la convention collective (fonction publique hospitalière, associative ou privée) et de l’ancienneté :
- ASH : entre 1 500 et 1 800 € brut
- Aide-soignant : 1 650 à 2 100 € brut
- Infirmier : 2 000 à 2 600 € brut
Les majorations pour travail de nuit, week-ends et jours fériés peuvent ajouter plusieurs centaines d’euros par mois.
Côté évolution, un aide-soignant peut devenir référent hygiène, coordinateur, formateur, ou cadre de santé en complétant sa formation.
Financer sa formation ou reconversion
De nombreuses aides existent pour intégrer ce secteur :
- CPF (Compte Personnel de Formation) : pour financer un DEAS ou un BPJEPS
- PTP (Projet de Transition Pro) : pour quitter son poste actuel et suivre une formation à temps plein
- Contrat pro ou contrat d’apprentissage : rémunéré, compatible avec une reconversion adulte
- Régions et OPCO : subventions, aides au transport, matériel
Vous pouvez aussi envisager un accompagnement via un CEP (Conseiller en évolution professionnelle) gratuit pour construire votre projet.
Mon avis de terrain
On ne travaille pas en maison de retraite par hasard. Il faut avoir du courage, de l’humilité, une véritable attention à l’autre. Ce n’est pas un métier « de secours », c’est un engagement.
Mais c’est aussi un des rares domaines où l’on peut évoluer sans diplôme au départ, où chaque geste compte. Si vous êtes en quête de sens, que vous aimez travailler en équipe et que la souffrance humaine ne vous fait pas peur, foncez. Les maisons de retraite ont besoin de vous.




